Une transhumance, des transhumances…

L’étymologie du terme « transhumance » révèle deux informations : « trans » (au-delà) et « humus » (le pays) car le voyage qu’il désigne conduit au-delà du territoire d’origine. La transhumance désigne en effet le déplacement saisonnier d’un troupeau en vue de rejoindre une zone où il pourra se nourrir (définition extrait du Larousse).

 

C’est une pratique pastorale étroitement liée à la géographie et au climat méditerranéen… Elle s’explique par la proximité géographique entre parcours de faible altitude et estive de montagne. Elle permet de pallier le climat chaud et sec en été qui sèche les pâturages des basses altitudes et rend impossible la culture d’herbe et de fourrage vert en été. Dès le mois de juin, les troupeaux gagnent les montagnes où l’herbe pousse suite à la fonte des neiges. Ils n’en reviendront qu’entre septembre et novembre, avant que la neige ne les recouvre de nouveau. C’est une part importante de l’alimentation des troupeaux qui provient de l’espace pastoral, très variable selon l’orientation des systèmes de production, la race, l’altitude. Si elle atteint facilement 30 à 50 % pour une exploitation de montagne connaissant un long temps en bergerie l’hiver, elle peut aller jusqu’à 90 % des besoins des animaux pour les exploitations méditerranéennes au pâturage toute l’année.

La transhumance est une pratique qui répond aux objectifs de production de l’éleveur en assurant une alimentation naturelle et de qualité pour son troupeau tout en facilitant la reconstitution et la pérennisation de la ressource de par sa gestion extensive. La transhumance est une adaptation de la conduite des troupeaux au milieu et au rythme naturel des parcours et bien souvent, une nécessité pour un grand nombre d’éleveurs !

On parle de transhumances au pluriel puisque leurs caractéristiques varient en fonction du type d’élevage et du besoin des troupeaux : transhumances estivales ou hivernales (les troupeaux se déplacent depuis les montagnes pour hiverner en plaine, c’est une transhumance inverse), transhumances locales ou de longue distance, transhumances ovines ou bovines, transhumances à pied ou en camion, transhumances collectives ou individuelles, etc

Tout en s’adaptant aux évolutions de la société, les éleveurs ont su conserver le caractère naturel et authentique de l’élevage Provençal dont la clé de voûte reste la transhumance. Ainsi, en Provence-Alpes-Côte –d’Azur, celle-ci demeure un phénomène économique et social considérable :

Ovins de la Région PACA estivent en montagne

bovins de la Région PACA transhument en montagne

Ovins viennent depuis la montagne hiverner en Basse Provence

Source: Enquête pastorale 2012-2014 et FRGDS PACA, 2015

Un petit zoom sur la transhumance ovine en Région Provence-Alpes-Côte d’Azur !

  • Troupeau ovin transhumant depuis PACA 80%
  • Surface d’estive pâturée par des ovins 70%
  • Estive avec mélange de troupeaux ovins, les gestionnaires de l’estive collaborent 62%
  • Estive ovine gardée par un berger-salarié 84%

Source: Enquête pastorale 2012-2014

Arrivée du troupeau sur l’alpage de Morgon à Crots (05) !

il s’agit ici d’une transhumance locale, les 7 éleveurs membres du Groupement Pastoral sont des Cretorins ! Après plus de 4 heures de marche et 900 m de dénivelés le troupeau est bien content d’arriver !

 

Si le sujet vous intéresse, le site de la Maison de la Transhumance pourra également vous renseigner !